Du 1 au 3 novembre, je participais au festival Tous Ecrans en Suisse. Une première pour moi et j'ai appris plein de choses sur les series européennes. Retour sur mon expérience suisse :

 

festival tous écrans

Vendredi 1 novembre

Visionnage du debut de la sélection webséries du festival suivi d'une session de questions réponses questions reponses avec les créateurs de 2 webséries : la créatrice de cuckoo et celui de el gran día de los feos. ça tourne bien ce sont les deux webséries que j'ai le plus apprécié.

La sélection (que j'ai vu) en détail :

  1. Epopée (Canada)
  2. Les invités (Canada)
  3. Cuckoo (Irlande)
  4. Michaëlle en sacrament (Canada)
  5. Research (Etats-Unis)
  6. El gran dia de los feos (Espagne)

quelques points intéressants abordés par les créateurs :

  • le temps et l'argent sont les contraintes principales de la websérie
  • Cuckoo : c'est 4 épisodes soit 27 minutes et c'est 1 000€ par minute. La créatrice a reçu l'aide d'un diffuseur irlandais dont le but était de découvrir des nouveaux talents. Elle a assuré la communication elle-même car pas de budget. La communication s'est faite principalement par Facebook et les festivals.
  • El gran día de los feos : vraie contrainte le temps. Les dialogues sont différents de la série : le scénario est plus rapide et il faut avoir en tete le medium dans lequel le public visionnera la création.

 

Samedi 2 novembre

3 conférences sur le thème de la télévision :

Du petit aux nouveaux écrans : défis et mutations de la télévision

festival tous ecrans workflow
 
 
intervenants  : Laurent Haug, journaliste indépendant, Gilles Marchand, directeur de la Radio Télévision Suisse et Patrick-Yves Badillo, sociologue média et professeur à l'université de Geneve.
 
  • On a l'habitude de dire qu'un média ne meurt jamais.
  • La nouvelle génération a la capacité de s'approprier les nouveaux médias : multi-usage.
  • Question amateur vs professionnel en 2005 avec le web 2.0. C'est faux amateur ne peut pas se substituer au journalistes.
  • Enjeu de la programmation sur les différentes plate-formes pour éviter de disparaître dans la sur-offre.
  • Refus de ne pas s'intéresser à l'audience sous-prétexte qu'on est une chaîne publique. la discussion avec la société est nécessaire.
  • La TV publique doit prendre des risques et écouter son audience.
  • Un média c'est une marque.
  • Netflix achète les datas des sites de piratage pour savoir quelle série est la plus téléchargée et adapter son catalogue.

 

Séries britanniques : l'art et la matière

conf 2

intervenants : Nick Edwards (journaliste indépendant pour The Guardian, Financial Times), Marie-Elisabeth Deroche-Miles (UK/France, Festival Tous Ecrans), Kate Harwood (UK, directrice des dramas de BBC), Huw Kennair-Jones (UK, Commissioning Editor, BSkyB), Paul Smith (UK, scénaristes), Justin Thomson-Glover (UK, producteur indépendant, Artists Studio), Antony Root (HBO europe), Ruth Caleb.

  • l'anglais est un avantage pour nos shows.
  • The musketeers sera diffusé sur BBC1 en janvier 2014 et la série compte 10 épisodes.
  • La longueur d'une série n'est pas essentielle car c'est la qualité qui prime et Kate Harwood est fière de ses séries elles sont osées et pleines d'esprit.
  • Il y a peu de co-productions à la BBC mais cela devrait changer.
  • The Tunnel est un excellent exemple de co-production : travailler avec les différences culturelles et cela s'est fait dans un respect mutuel des deux côtés : français/anglais.
  • Extrait de Chickens, série qui parle de la première guerre mondiale mais avec un humour. C'est osé et British !
  • aux UK, si on demande dans la rue à quelqu'un le nom d'un scénariste TV ils pourront le faire mais un réalisateur de TV non
  • The Smoke a été écrit pour la BBC à l'origine mais la série a fini sur Sky1 et Utopia était destiné à Sky1 et s'est retrouvé sur Channel 4.
  • Les britanniques sont bons dans les dramas d'époque, les policiers et le réalisme social.
  • "Doctor Who, Luther, Downton Abbey se vendent bien à l'étranger" d'après Kate Harwood
  • Les drames d'époque se vendent moins bien qu'on le pense à l'étranger.
  • Les British sont inquiets du départ des scénaristes, acteurs et réalisateurs appelés par Hollywood.
  • Dracula fait partie également du catalogue de Sky. Il s'agit d'une co-production majoritairement américaine et diffusée aux UK  le jeudi 31 octobre et la série a fait de bonnes audiences.

 

To be continued : les défis de la saison 2

 

tous ecrans

 

intervenants : Nick Edwards (journaliste indépendant pour The Guardian, Financial Times), Marie-Elisabeth Deroche-Miles (UK/France, Festival Tous Ecrans), Hans Rossiné (directeur de la fiction, NRK, Norvege), Henrik Widman (producteur, Matador Film, Suede), Johannes Lackner (scénariste, Allemagne), Françoise Mayor (producteur, RTS, Suisse), Katie McAleese (productrice, BBC, UK), Bettina Alber (productrice, SRF, Suisse) and Dominik Bernet (scénariste).

 

  • Les séries américaines sont construites de manière à ce qu'il y ait une saison 2.
  • En Allemagne, une saison 2 signifie que la série est économiquement viable car la saison 1 se vend moins chère.
  • Les recaps des séries pour les retardataires qui arrivent toujours 2 min après qu'on leur ait dit "ça commence"
  • La musique du générique du 1er de la S4 de Downton Abbey a été changée en rapport avec l'intrigue. Le public anglais a été choqué !
  • On se demande pourquoi il n'y a pas d'autres saisons de Borgen ou The Killing ? c'est aussi bien pour permettre l'innovation et proposer d'autres contenus.
  • La question est de savoir comment un univers comme Breaking Bad ou Mad Men peut durer dans le temps

 

Dimanche 3 novembre

2 conférences sur le transmedia :

Don't forget the mum test!

 

don't forget the mum test !

 

intervenant : Tishna Molla (UK, productrice et consultante et co-directrice du Pixel Lab)

  • Définition Mum test : comprendre ce que vous faites à votre mère. Si votre mère passe le test alors c'est compréhensible pour le reste des gens.
  • On doit étudier le public avant de proposer un format.
  • Penser aux gens pas à la technologie.
  • Véritable lutte pour attirer l'attention du public et il faut y penser à cette question dans son business modèle.
  • iPhone est l'appareil photo le plus utilisé alors que c'est un téléphone !
  • Les stimuli culturels : detectabilité + investissement émotionnel + expérience + fun

 

Repenser le Transmedia

rethinking transmedia

intervenant : Ivan Askwith, producteur associé de Veronica Mars

  • Tous les blockbusters réalisés entre 2010 et 2013 sont des adaptations d'histoire connues de tous ou des sequels de grosses franchises.
  • Quelle est la valeur du transmedia : business ? Storytelling ? Marketing ? Tous réunis ?
  • Le transmedia devient un "buzzword" mais on ne sait bien souvent pas ce que ça veut dire. Les mots sont utiles quand ils signifient quelque chose.
  • Exemple Disney a plusieurs départements et quand un jeu vidéo marche, ils essaient de développer sur un autre média.
  • Il y a beaucoup de transmedia mais il n'y a pas de bon transmedia
  • Les gens disent : ce film/ série m'a touché ou ce roman a changé ma vie mais on ne dit pas ça du transmedia.
  • Le storytelling n'est pas évident sur un média mais sur plusieurs médias ça devient pas plus facile.
  • Maximiser le profit n'est pas du bon storytelling cf exemple Disney
  • Les compagnies de film voient les fans comme des bêtes exotiques au lieu d'essayer de les comprendre.
  • Il se moque de l'expérience de second écran exemple de Homeland de Showtime car comment on peut regarder le show en même temps !
  • La question qui veut être distrait quand il regarde sa série favorite ! L'appli pose des questions aux spectateurs sorte de trivia pendant le déroulement de la série. Quel est l'intérêt de distraire le téléspectateur ? N'est-ce pas du mauvais transmedia dans ce cas-ci ?
  • Transmedia est une approche stratégique utilisant les médias ensemble.
  • Transmedia c'est créer une expérience avant tout !

Impression sur le festival :

J'ai été très bien accueillie par nos amis suisse ! J'ai rencontré des professionnels du monde entier principalement Canada, UK, USA et Suisse bien sûr. Après consommant trop de séries américaines, j'avais déjà toute la programmation. J'ai assisté à des conférences "workflow" très instructifs. Un festival qui gagne à être connu !