Lena Dunham : une des GIRLS à Paris !

lena dunham paris

 

Pour la diffusion saison 3 de Girls sur  OCS City, Lena Dunham était invitée à Paris. Une grande masterclass était animée par Charlotte Blum (spécialiste séries de l'émission Ciné, Séries & Cie). La chaîne suit la diffusion US proposant un programme de H+24 donc chaque lundi, retrouvez Girls  sur OCS City.

J'ai eu la chance d'y participer et même de me trouver derrière l'actrice.

Voici un compte-rendu de cet entretien avec la belle et drôle Lena Dunham.

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3 questions retranscrites mot par mot

Question : Il y a beaucoup de vous dans le personnage d’Hannah, mais qu’est-ce qu’il y a de vous dans les trois autres personnages ?

Lena Dunham : "C’est une bonne question, en fait, je pense que le lien avec Hannah est assez évident. Cependant, j’espère que je me comporte de façon plus mature qu’elle. Je me retrouve tellement dans les autres personnages :

Dans Marnie, le fait qu’elle déteste avoir tort, ce que je comprends. Surtout quand elle dit « Ce n’est pas ma faute ». C’est tellement humain. Et aussi le désespoir total qu’elle ressent quand ses plans ne vont pas dans son sens. Le fait qu’elle est incapable de calculer sa vie correctement.

Dans Shoshanna, son obessesion pour la pop-culture et ses tentatives pour comprendre dans quoi elle peut trouver sa place. Je me souviens quand j’étais plus jeune, j’avais l’habitude de lire des magazines people et d’essayer de comprendre pourquoi des couples rompent, quelles célébrités masculines m’apprécierait, quelles qualités…. J’essaie de mettre dans le contexte de la pop-culture de la même manière que Shoshanna adore le faire. Et aussi, je parle trop vite. Ce que j’essaie de ne pas faire ici en France.

Je pense que l’on espère tous qu’il ait une partie de nous dans Jessa parce qu’elle est si fantastique et il y a presque quelque chose de mythique chez elle. Mais, là où je me retrouve c’est son désamour de l’autorité. A quel point, elle déteste qu’on lui dise quoi faire et à chaque fois, cela provoque la réaction opposée chez elle. J’essaie aussi de lutter contre ça chez moi."

Question : Comment avez-vous appréhendé la réalisation dans Girls ?

L.D : "J’ai seulement réalisé le film « Tiny Furnitures », un autre long-métrage et une webTV avant ça. Mais, des toutes petites équipes et des environnements très privés. Je n’ai jamais dit « Action et Coupé » avant Girls. Avant, c’était plus « allez faisons-le » ; « ok, on a fini ». Et j’étais terrifiée car j’avais l’impression d’auditionner davant toute l’équipe, tentant de leur prouver pourquoi j’ai le droit de faire ça. Je pense que la première chose importante dont je me suis aperçue le premier jour, c'est que les gens étaient là pour aider et voulaient aider. Ils étaient excités, ils avaient envie de partager avec moi tout ce qu’ils avaient appris au cours de leur carrière. Ils étaient là pour me défier et voir tout ce que je savais. Ils étaient là pour m’aider à filmer. Tout le monde était là avec un objectif commun : aider pour que le show soit aussi bon qu’il pourrait l’être. Et quand je me suis rendue compte de ça, un énorme poids s’est enlevé. Je pouvais tout simplement prendre du plaisir."

Question de Lubiie :  Girls est inspiré de votre vie, Hannah rencontre des difficultés à écrire son roman dans la série, est-ce quelque chose que vous rencontrez dans l’écriture de la série ?

L.D : "Bonne question. Est-ce qu’on peut dire que tous les auteurs rencontrent des difficultés dans l’écriture ? C’est une activité si torturée. Je crois qu’Hannah est l'incarnation du sentiment que ressente chaque auteur. Mais si techniquement, vous êtes plus productif qu’Hannah ce qui est pas si dur, vous avez toujours cette peur d’aller dans cette pièce seul et quand est-ce que vous pourrez finir. C’est difficile car c’est une sorte de mix : vous devez être productif mais aussi  créatif. Et c’est pas évident à mixer."

 

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Les autres questions avec l'essentiel

 

Comment êtes-vous arrivé à faire Girls ?

C’est grâce à son film Tiny Furnitures" présenté à un festival qu’elle a pu avoir des rencontres avec des grands noms de l’industrie. Elle a eu un rendez-vous avec HBO mais elle n’avait jamais eu de meeting avec des chaînes auparacabrdonc elle leur a dit ce qui lui passait par la tête : « j’aimerais faire un show sur des gens comme moi et mes amis ».  Après elle a été présentée à Jenni Konner ( productrice exécutive de Girls) qui a tout de suite compris ce qu’elle voulait faire. Jenni a travaillé sur la série de Judd Apatow « Undeclared ». Lena et Jenni sont à New-York où elles gèrent le quotdien et Judd Apatow est à Los Angeles et il regarde tout : le casting, les scripts…etc. Il est impliqué dans la série mais elles bénéficient de son recul.

Avoir une « voix » est quelque chos d'essentiel dans les shows de HBO. Comment avez-vous fait pour mettre en place la vôtre ?

« Je pense que c’est vraiment important d’être honnête ». HBO croit vraiment en la « voix » de ces shows. HBO ne demande pas à Lena Dunham de rentrer dans le moule de la chaîne ou de celui de l’industrie. De par sa expérience, Lena constate que plus, elle produit une histoire honnête, plus elle a des retours du public.

Pensez-vous que c’est possible de faire accepter aux gens la réalité à la TV ?

Elle comprend que certaines personnes n'aiment pas la série, comme elle n'aime pas certaines choses que d'autres aiment. Certaines des critiques du show viennent de femmes comme elles qui n’ont pas aimé voir une version d’elle à l’écran. Elles n’aimaient pas voir leur réalité à l’écran. Sinon, les autres critiques sont plutôt des hommes issus des états républicains.

Vous donnez de votre personne dans cette série : est-ce un aspect important pour vous ?

Elle apprécie quand elle partage une expérience bizarre à l’écran et que les gens la comprennent car ils ont eu ce type d’expérience. Lena Dunham a lutté avec des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) une grande partie de sa vie donc c’était important pour elle d’aborder ce sujet et non pas de façon comique (cartoon) comme c’est bien souvent le cas à la télévision.

Est-ce que vous écoutez ce que le cast et l’équipe à dire sur la série ?

Totalement. Les acteurs se sentent en confiance pour partager leurs propres vies. Les acteurs s’entremêlent avec leur personnage. Elle ne dit pas qu’ils sont les personnes qu’ils jouent mais des aspects de leur personnalité y sont intégrés. L’équipe partage ses idées, d’ailleurs, le type qui s’occupe du moniteur vidéo a trouvé une excellente blague dans la saison 1. Tout le monde se sent assez à l’aise pour être créatif.

Quelle est votre sentiment quand vous avez signé avec HBO ?

« Je me souviens m’être dit que c’était le meilleur endroit pour signer une série ». Après son entretien, Lena a appelé son père depuis le parking en lui disant qu’elle avait signé un « pilot deal ». Son père lui demande « Qu’est-ce qu’un pilot deal ? » Lena répond « je ne sais pas » mais elle était tellement contente que peu importe.

La première fois que vous avez vu votre série à la télévision ?

« Je m’en souviens, je vivais encore avec mes parents et ils sont partis diner. J’étais assise sur le lit seule en regardant le pilote ». Elle a vu tellement de fois, le pilote en préparation qu’elle avait du mal à réaliser que d’autres gens le regardaient en ce moment.

Sur les couples,  comment faites-vous pour trouver des messages universels ?

Le couple d’Hannah et Adam est étrange car ils le sont tous les deux. Ils sont trop bizarres pour comprendre qu’ils sont en réalité très normaux. Ce qui leur arrive et quelque chose qui arrive à d’autres couples.

Comment faites-vous pour intégrer les garçons dans la série : leur laisser une place ?

Quand on a commencé la série, on ne se rendait pas compte de l’importance de leur personnage et la part qu’ils allaient prendre dans l'histoire. L’épisode de la saison 2 où Adam et Ray partent à Staton Island, c’est un moyen de les voir interagir ensemble et de les comprendre. En les comprenant davantage, on comprend mieux les filles qui les aiment.

Extrait : la scène de la chanson avec Adam

Adam Driver a beaucoup ri en faisant cette scène alors qu’il a l’habitude d’être extrêmment sérieux sur le plateau.

Les projets de Lena Dunham ?

Un livre qui sort cette année. « Je sais qu’il sort en français, mais je ne peux pas vous garantir qu’il sera bon en français car je ne peux pas lire le français ». Jenni  Konner et Lena ont créé un société de production pour faire des documentaires pour HBO et des autres shows. Un projet de film.

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Questions du public avec Lena Dunham et Jenni Konner

Est-ce que faire la couverture du dernier Vogue est une consécration pour vous ?

« Je ne réalise pas encore ».  On reçoit beaucoup de mails quand on fait la couverture de Vogue.

Quel est le processus d’écriture ?

Jenni Konner répond : chaque saison, Judd Apatow, Lena Dunham et Jenni se réunissent autour d’une table pour parler de leurs ambitions pour la nouvelle saison. Par exemple, on savait la saison dernière qu’il fallait amener cette histoire de TOC. Après les scénaristes rentrent en scène en s’adaptant aux idées voire en ajoutant.

Il y a des similitudes entre votre travail et celui de Louis C.K : l’avez-vous rencontré ?

« Je suis obsédé par son show ». Je l’ai accosté aux Emmys. J’adore son travail.

Quels conseils donneriez-vous à un écrivain/rédacteur en devenir ?

Je pense que ça aide d’écrire une histoire personnelle en laquelle on croit et dont on ressent le besoin d’en parler. Ecrire sur quelque chose qu’on pense important pour soi avant tout et non pas pour les autres. Traiter le fait d’écrire comme un job.

Comment décris-tu ta génération ?

Elle pense qu’une seule personne ne peut pas parler pour une génération dans son ensemble c’est présomptueux.

A propos de votre livre, est-ce qu’écrire quelque chose qui n’est pas de la fiction est-il plus difficile pour vous ?

Mon livre n’est pas une fiction, ce sont des essais. Ecrire professionnellement est mon premier amour à l’origine.

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Quelques remarques de Lena Dunham

"Je suis très excitée de voir les sous-titres"

"J'ai pris un cours à l'université où des gens qui ne parlent pas français traduisaient des poèmes français en essayant de savoir ce que cela pouvait dire"

Charlotte Blum : "Adam est vraiment très mignon !"
Lena Dunham : "C’est vrai. Je suis tellement contente que tu penses ça. Je pense que c’est la plus belle personne que je n’ai jamais vu. Certaines personnes préfèrent un homme plus traditionnel comme Georges Clooney mais ce n’est pas pour moi."

 

Retrouvez la saison 3 de Girls sur OCS City tous les lundis !

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– Livetweet de la conférence sur le Dailymars

– L'interview sera disponible sur OCS